« En septembre il faut repartir à 200% »

C’est un état d’esprit bien ancré. Après la parenthèse de l’été, le retour au travail, la réorganisation de la vie familiale et l’empilement des contraintes quotidiennes créent souvent un choc de rythme brutal. Résultat : avant même la fin du mois de septembre, la fatigue est déjà réinstallée.

On aborde souvent la rentrée comme un sprint. Pourtant, il s’agit plutôt d’un marathon.

Plutôt que d’attendre l’épuisement de l’automne pour réagir, la naturopathie propose d’anticiper en soutenant les mécanismes physiologiques qui régissent votre énergie et votre résistance au stress.


Une histoire de rythme et d’hormones

Pourquoi finissons-nous souvent septembre sur les rotules ? La réponse se trouve en grande partie dans la réponse de notre organisme au stress répétitif.

Face aux contraintes et à la charge mentale de la rentrée, le corps active l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (Axe HPS). Les glandes surrénales sécrètent du cortisol pour mobiliser l’énergie nécessaire. À court terme, ce mécanisme est bénéfique : il nous rend vigilants et efficaces.

Mais lorsque la pression se prolonge sans temps de récupération :

  • Le magnésium s’épuise : Le stress augmente la fuite urinaire du magnésium, un minéral pourtant indispensable à plus de 300 réactions enzymatiques, dont la production d’ATP (l’énergie cellulaire).

  • La glycémie joue aux montagnes russes : Le cortisol stimule la libération de glucose dans le sang. S’il est associé à des repas pris sur le pouce (souvent riches en glucides rapides), il provoque un pic d’insuline suivi d’une hypoglycémie réactionnelle — la fameuse fatigue de 15h et les fringales de sucre.

  • Le système nerveux s’emballe : Le système orthosympathique (l’accélérateur) prend le dessus sur le système parasympathique (le frein), ce qui dégrade la qualité du sommeil profond, pourtant seul garant d’une vraie récupération.


3 leviers physiologiques pour préserver sa vitalité cet automne

Sans bouleverser votre emploi du temps, quelques ajustements ciblés sur le terrain biologique permettent de traverser la rentrée sereinement :

  1. Repenser le premier repas de la journée : Démarrer la journée par un petit-déjeuner riche en protéines et en bons gras (œufs, oléagineux, fromage de chèvre/brebis) plutôt qu’en sucres rapides (comme peut l’être notre traditionnel petit-déjeuner Français) fournit les acides aminés précurseurs de la dopamine (comme la tyrosine), le neurotransmetteur de la motivation et du démarrage matinal, tout en lissant la courbe glycémique.

  2. Désamorcer la charge nerveuse par la respiration : Comme évoqué dans l’article précédent, quelques minutes de respiration guidée agissent directement sur le nerf vague. Pratiquer 5 minutes de cohérence cardiaque le matin et en fin d’après-midi abaisse les niveaux de cortisol salivaire et redonne la main au système parasympathique.

  3. Aligner son horloge biologique : S’exposer à la lumière naturelle du jour dès le matin (même 10 minutes) permet de caler le pic de cortisol matinal et de programmer la synthèse de mélatonine (l’hormone du sommeil) pour le soir.


Une démarche complémentaire et sécurisée

Prendre soin de son énergie à la rentrée ne dispense en aucun cas d’un avis médical si vous ressentez une fatigue anormale, persistante ou accompagnée d’autres symptômes. Un bilan sanguin, prescrit par votre médecin, reste la priorité médicale pour écarter toute cause sous-jacente.

La naturopathie intervient ici en soutien du quotidien : optimiser l’alimentation, ajuster l’hygiène de vie, proposer une micronutrition adaptée (après vérification minutieuse des contre-indications et des interactions avec d’éventuels traitements).


Préparer sa rentrée en consultation

Si vous ressentez le besoin de faire le point sur votre vitalité, d’adapter votre hygiène de vie ou d’anticiper la fatigue automnale, nous pouvons construire ensemble un accompagnement sur-mesure.

A très bientôt, Emeline 

Sources et liens utiles

Physiologie du stress :

  • Herman, J.P., McKlveen, J.M., Ghosal, S., Kopp, B., Wulsin, A., Makinson, R., Scheimann, J. and Myers, B. (2016), Regulation of the Hypothalamic-Pituitary-Adrenocortical Stress Response. Comprehensive Physiology, 6: 603-621.
  • Tsigos C, Chrousos GP. Hypothalamic-pituitary-adrenal axis, neuroendocrine factors and stress. J Psychosom Res. 2002 Oct;53(4):865-71. doi: 10.1016/s0022-3999(02)00429-4. PMID: 12377295.

 

Magnésium et stress :

  • Pickering, G., Mazur, A., Trousselard, M., et al. (2020). Magnesium Status and Stress: The Vicious Circle Concept Revisited. Nutrients, 12(12), 3672.

 

Glycémie, protéines du matin et dopamine :

  • Fernstrom, J.D. Large neutral amino acids: dietary effects on brain neurochemistry and function. Amino Acids 45, 419–430 (2013). https://doi.org/10.1007/s00726-012-1330-y
  • Ludwig DS. The glycemic index: physiological mechanisms relating to obesity, diabetes, and cardiovascular disease. JAMA. 2002 May 8;287(18):2414-23. doi: 10.1001/jama.287.18.2414. PMID: 11988062.

 

Rythmes circadiens et exposition à la lumière :

  • Blume C, Garbazza C, Spitschan M. Effects of light on human circadian rhythms, sleep and mood. Somnologie (Berl). 2019 Sep;23(3):147-156. doi: 10.1007/s11818-019-00215-x. Epub 2019 Aug 20. PMID: 31534436; PMCID: PMC6751071.

 

Cohérence cardiaque et nerf vague :

  • New Medical – The Science Behind Breathwork and Stress Reduction
  • Hofmann, Stefan. “The Effect of Heart Rate Variability Biofeedback Training on Stress and Anxiety: a Meta-Analysis.” Psychological Medicine, n.d. doi:10.1017/S0033291717001003.
  • Blase K, Vermetten E, Lehrer P, Gevirtz R. Neurophysiological Approach by Self-Control of Your Stress-Related Autonomic Nervous System with Depression, Stress and Anxiety Patients. Int J Environ Res Public Health. 2021 Mar 24;18(7):3329. doi: 10.3390/ijerph18073329. PMID: 33804817; PMCID: PMC8036915.

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